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Ca se passe par là.

Le Labyrinthe

Noir, Noir et sombre, les méandres de ce labyrinthe, encore plus sombre. Où suis-je ? Je marche depuis des heures, une main frottant la paroi, paroi de pierre, froide, presque gelée. Pas de lumière. Je me dirige à tâtons, épuisé, en larmes, un flot incessant, j’ai mal. Mon cœur a mal. Meurtri, poignardé, rejeté. Je pleurs encore dans les méandres du labyrinthe.

Où je vais ? Je ne sais pas. J’y vais.

Pourquoi ne pas me laisser mourir ici ? L’espoir peut-être.

Quel espoir ? Celui de vaincre cette solitude et d’être en paix avec quelqu’un. Quelqu’un qui réchauffera ce cœur.

Assez de questions s’il vous plaît. Je suis fatigué, exténué mais j’avance dans ce labyrinthe. A droite, je m’engouffre dans un nouveau couloir. Toujours aussi sombre, noir, sans lumière. Je sens mon cœur, battant peu mais battant. L’espoir. L’espoir, ce mot est beau. Il m’attire vers lui. Mais je pleurs encore. J’ai peur pour vous dire la vérité. Peur de ce noir, peur de ce labyrinthe. Un râle, un cri s’élève dans les méandres du labyrinthe entre deux pleurs :
« Quelqu’un ?! Aidez-moi ! »
Je tombe à genoux, fatigué, à bout, j’ai froid enfin je ressens le froid. Je lutterai. Je survivrai.

Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais cet espoir. Je m’y accroche.

Bientôt il fera jour. Je me répète cette phrase depuis mon arrivée. Je ne sais plus depuis quand je suis là.

Fou ? Le suis-je devenu ? L’étais-je déjà ? Je ne sais plus. Je ne sais pas. Je ne dors plus, enfin je ne peux pas. Je repose mes jambes.

Le labyrinthe me possède, je suis son jouet.

Comment suis-je arrivé là ? Arrêtez ces questions j’ai mal à la tête. Je place ma tête entre mes genoux bras croisés autour de ceux-ci quelques instants. J’attends. J’attends que ce mal de tête s’arrête, qu’il s’estompe. J’attends là encore quelques instants, puis quand je sens qu’il part, je me relève et marche encore droit devant. Toujours pas de lueur blanche. Rien ne passe ici. Je ressens mon corps, ses douleurs, ses fatigues et pourtant rien ne fonctionne. Je ne peux pas me métamorphoser, ni même préparer un sort. Prisonnier du labyrinthe, il fait encore plus froid mais j’avance. Je sens le froid mais mon corps reste à température normale. Encore un cri désespéré :
« Aidez-moi !! Aimez-moi ! »
Pas de réponse, je suis seul. Je me sens seul avec mes larmes comme seules compagnes. Je continue, encore un choix. Le vent souffle dans ce labyrinthe étrange. Je vais à son encontre. A gauche. J’avance lentement, luttant pour avancer. Fatigué, exténué. Rien n’y fait et je marche. Un pas décidé, mais toujours la peur en moi.
« Aidez-moi !!! »
Ma voix est partie avec le vent. Déformée par celle-ci, je m’entends. Ce cri. Ma voix est agonisante. Je pleurs encore.

Comment je fais pour pleurer autant ? Je ne sais pas.

Dans les méandres du labyrinthe, je ne sens que la douleur et la fatigue. Je n’ai, ni fin, ni soif. Aucun désir hormis celui de sortir d’ici, et aucun besoin à part peut-être un, tapi au fond de mon cœur.

C’est quoi ce labyrinthe ? Je ne sais pas.

Je ne sais qu’une chose, que je pleurs sans pouvoir m’arrêter. Douleur au cœur, douleur au ventre. Mais j’avance. Je veux sortir de là. Solitaire mais voulant quelqu’un, je veux savoir ce qu’est l’amour, je veux connaître ce sentiment. Je veux donner mon amour à quelqu’un qui me donnera le sien en retour. J’ai trouvé mon objectif. Dans ce labyrinthe, il fait froid, la peur m’entoure, l’obscurité est encore plus présente, mais j’ai trouvé l’espoir. Je m’y accroche, pleurant toujours.
Le bonheur me sera-t-il offert ? Oui mais il faut que je sorte du labyrinthe.
« S’il vous plait ! Une main ! »
Aucune réponse, toujours rien, mes paroles parcourent le labyrinthe. Je souffre et personne pour me guérir. Je m’effondre une fois de plus. Mes jambes ! Paralysées. Je ne peux plus bouger. Adossé au mur, le dallage de marbre sur lequel est posé le labyrinthe est tiède, agréable au toucher. Première sensation bienfaitrice que je rencontre ici. Mon espoir revient avec cette chaleur. Je reste assis dessus quelques heures, quelques jours. Je ne sais pas, je n’ai plus la notion du temps. J’attends simplement, toujours en larmes. Je veux sortir. Ma volonté est seule face à ce labyrinthe. Je ne dors pas malgré la fatigue, je ne peux pas, le labyrinthe m’en empêche. Fatigué, exténué. Mes pleurs ne laissent pas de trace dans les méandres du labyrinthe, pas une goutte ne touche le sol, pourtant je pleurs, je passe mes mains sur mon visage, et ce sont des larmes que je sens.

Où es-tu ? Te trouverais-je un jour ? Fait battre mon cœur, anime cette flamme dont ma volonté en est l’étincelle. Sors-moi de ce labyrinthe.

Qui ? Je ne sais pas.

Alors, Pourquoi l’appeler ? J’en ai assez !

Pourquoi ? Arrêtez !!! J’ai mal !
Je tiens ma tête dans mes mains, je me débats, effectuant un mouvement de gauche à droite rapide. J’ai mal. Ce labyrinthe me tuera avant que je ne sois sorti. Un éclair parcourt soudain mon corps, et une atroce douleur suivie d’un hurlement d’agonie se fait sentir :

« ARGH !!!! STOP !!! » Je pleurs encore, cette douleur, la supporterais-je longtemps ? Mes jambes !!! Je reprends la route, je peux marcher de nouveau. Mais cette douleur est encore là. Je souffre encore plus, mais un objectif, Sortir ! Les méandres du labyrinthe me piègent. Un étrange sentiment s’empare de moi. La frayeur, la peur sous une autre forme.

Pourquoi ne suis-je pas encore sorti ? Ce labyrinthe change ! Il bouge. Je ne vois rien, il fait trop noir, mais quelqu’un ou quelque chose me le fait sentir. Pourtant, je marche encore.

J’ai le choix ? Non. Je veux sortir.

Un nouveau cri désespéré : « Une main ! Une âme ! Pour mon cœur ! » Celui-ci comme tous les autres se perd dans le labyrinthe.

Noir encore. Je ne vois rien, Il fait si noir comme si j’étais aveugle, toujours la main contre cette paroi, froide, de pierre.

Où es-tu ?

Je cherche toujours cette lumière, cet espoir, je te cherche. Offre-moi la liberté, montre moi la sortie. Toujours ces larmes qui n’atteignent pas le sol mais je pleurs toujours. Je continue de déambuler dans ce dédale. Encore une intersection. J’en ai assez. Des choix, toujours des choix. Je ne veux pas ! Je reprends ma tête dans mes mains. Cette douleur revient encore une fois, me parcourt la tête, me parcourt le corps. Je pleurs encore plus. J’ai si mal. Je ne veux pas rester ici. Je ne veux pas mourir.

Pourquoi me laissez-vous ? Pourquoi suis-je seul ? Je ne veux pas être seul.

Une lumière s’il vous plaît, une lumière ! Fatigué, exténué encore une fois. Mais je marche dans cette obscurité. J’espère tant voir enfin cette lumière. Je ne sais pas qui tu es, mais j’espère te trouver.

Qui es-tu ? Où es-tu ? Je ne sais pas mais je te chercherai. Le temps qu’il faudra, mais en attendant je souffre, seul dans ce labyrinthe. Noir, toujours aussi noir. Je continue cependant la route. J’endurerais les pires souffrances pour te trouver. Attends-moi, cherche-moi, trouve-moi !

Perdu dans mes pensées, il ne reste que mes songes. De cette douleur permanente n’en ressort que l’affaiblissement de mon cœur, encore un peu plus à chaque moment. Je veux sortir, sortir de ce labyrinthe, mais je ne le pourrais pas sans toi. Cependant je ressens un soutien, quelqu’un de proche, tu lèves ce voile, l’obscurité se fait moins dense. J’aperçois des formes, depuis tout ce temps que je marche dans les méandres du labyrinthe, je vois enfin un peu. Il fait moins froid, mon espoir, il persiste et se développe. Je sens. Je sens que quelqu’un s’attache à moi. Il s’attarde pour moi. Il tente de m’aider à patienter, tente de me faire t’attendre.

Que faire ? J’accepte son aide, la première qui m’est offerte.

Pourquoi je m’y attache tant ? Moi qui suis toujours rester seul. Il est là pourtant.

Moins froid. Le premier qui ne se moque pas de moi. Je sais une chose, je tiens à lui. Ca y est, une faible lueur, je m’engouffre dans un nouveau couloir. Pourtant, encore un cri se perd dans le dédale, le long des parois de pierre, il court : « Non !!! » J’entends encore ce cri. Un de plus est perdu. Mes larmes qui coulent encore le long de mes joues, le long de mon cou, le long de mon cœur. Elles n’atteignent toujours pas le sol. Ce sol de marbre, toujours tiède. Je retombe à genoux, je reprends ma tête dans mes mains. Mal, ce mal omniprésent. J’en ai marre. Tranquille !!! Laisse moi tranquille !!! Je tape à grand coup de poing au sol, pleurant mon désarroi. Puis ton affection. Cette affection que tu me portes.

Je la mérite ? Pourquoi ? Pourquoi me l’offres-tu ? Moi qui ne suis que moi.

Pourquoi est-ce si dur ? Je suis encore là, perdu. « Aide-moi ! » Ce cri parcourt à son tour le labyrinthe, filant comme une flèche. Ignoré, voulant tant moi aussi connaître ce bonheur. M’évader, trouver la sortie de ce labyrinthe. Te trouver enfin, toi qui séchera mes larmes, et pansera la blessure de mon cœur. Je suis fatigué, exténué.

Dois-je arrêter le combat et me laisse doucement glisser vers une non vie ?

Peut-être celle-ci me sera plus clémente que mon existence actuelle. En attendant que ce choix soit fait, je marche toujours dans ce labyrinthe. Vers cette pâle lueur qui perce l’obscurité, j’avance. Mais cette lueur est loin. Plus je marche, plus elle s’éloigne. Je suis enfermé ici depuis longtemps, trop longtemps. J’en ai assez.

Finirais-je par sortir ?

Tant de questions auxquelles je n’ai pas de réponse. Mais pourtant, tu es là, tu es là… Cette lueur se fait un peu plus forte. Je vois quelque chose, une ombre peut-être. Mais déjà je vois où je marche et mes larmes qui toujours n’atteignent pas le sol, se perdant quelque part, je ne sais où. J’avance toujours avec cette lueur d’espoir en moi, ma tête toujours dans mes mains. Pourtant j’avance. Maintenant j’entends une voix dans ma tête, agréable, un soutien… Enfin. Cette voix résonne encore, chaude, emplie de douceur. Tu me dis de patienter, que je la trouverai. Je finirai par tomber sur elle.

Qui ? Je ne sais pas.
J’espère seulement tomber dessus avant que la folie ou la mort ne s’empare de moi. Un jour oui, un jour… Ce rêve qui pour l’instant m’est inaccessible. Je ne veux pas perdre mes sentiments à cause de ces gens, qui restent froids.


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