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Ca se passe par là.


Le maitre louveteau

Cette plaine est déserte je suis seul. Le sang baigne encore mon corps. Un massacre…un de plus comme tous les autres.
Je suis celui qui sème désolation, mort et souffrance. Mort et souffrance. Ces deux mots résonnent dans ma tête pendant que je contemple l’odieux massacre dont je suis le signataire.
Qu’ont-ils fait pour mériter cela ? Je l’ignore. Ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Je suis assis sur ce rocher à contempler mon œuvre. Une mer de sang pour un océan de désespoir. Les corps jonchent le sol, innombrables et immobiles. Ils sont les pavés de mon insanité et la fondation de mon goût de mort. Plus ils tombent plus j’en veux. L’extermination pure et simple. Radicale et jouissive, ces gens n’avaient rien fait. Je leur ai ôté la vie sans arrière pensée et je n’en éprouve aucun remord.

Ils sont là. Le visage tourné vers le ciel. Une cité mortuaire faite de corps d’os et de chair. Le plaisir de la destruction se fait intense en moi. Tant que je tue je vis. Je prouve mon existence au sein de ce monde. Un ange de la mort descendu en ce monde pour exterminer ceux qui se croient les égaux de Dieu. Je fais pleuvoir le sang sur ce monde depuis une éternité, je ne m’en lasse pas. Chaque nouveau meurtre me donne envie de continuer encore et encore. Toujours sombrant dans une folie plus intense je suis la et je continuerai.

Je suis L’Okajin !!

Les actes valent mieux que les pensées. Celui qui fait laisse une marque dans le temps alors que celui qui dit s’efface. Je ne me souviens pas bien de ce jour, si ce n’est qu’il pleuvait. Deux ombres floues dans ma mémoire. Cet être étrange vient de me lâcher et cette bête lui a déchiqueter la tête d’un coup de griffe avant de me sauter dessus puis….Noir ! Le noir absolu je ne me souviens pas. J’ai survécu. Comment je l’ignore encore. Je le cherche encore. La réponse à mon énigme. Un besoin de violence se fait encore sentir en moi. Je ne suis plus que l’ombre de moi-même, la marionnette de mes sentiments et de mes pulsions meurtrières. Je "Le" cherche, j’espère le trouver. Cette phrase est mon phare dans l’obscurité de l’existence. Mais en même temps je tue j’extermine jusqu’à être satisfait de moi-même et ainsi je reprend ma route. Depuis un certain temps j’erre avec pour seul objectif de le retrouver et de lui demander pourquoi suis-je ainsi.

Je me réveille. Je me suis assoupi sur ce rocher où j’observais mon œuvre. Signature de mon passage en ce lieu. Je descend de ce rocher et me dirige aérien, à pattes de loup par-dessus les corps complètement méconnaissables. Après une bonne dizaine de mètres je me stoppe net. Sa silhouette se dresse devant moi. Quelqu’un ose ME défier. Il ne me connaît probablement pas. Il est peut-être un voyageur égaré ou une personne survivante. Non je chasse cette idée improbable de ma tête aussi vite qu’elle est venue. Soit il périra comme les autres car il est sur mon chemin. Le brouillard jusque là léger s’intensifie d’un coup et je ne le vois plus. J’ai les oreilles qui se dressent et je tente de le sentir venir mais l’odeur des cadavres recouvre bien les autres odeurs perceptibles dans l’air ambiant.

L’ombre perce le brouillard à trois mètres de moi. J’ai juste le temps de bondir par-dessus en me retournant en plein vol pour me retrouver dans son dos. «Tu es vif et silencieux je ne t’ai même pas entendu. » Il ne répond pas et se contente de me charger à nouveau, épée à la main. Je reste immobile et le laisse frapper. La lame fend l’air dans un sifflement strident et un claquement se fait sentir. Elle a explosé sur mon avant-bras. Je m’avance doucement vers la silhouette levée devant moi et tremblante. Il ne peut s’échapper pétrifié par la peur. D’un coup sec j’écarte ce qu’il reste de son arme et l’attrape à la gorge. Il se débat. Il a le visage d’un jeune garçon d’une quinzaine d’années maximum. Qui l’a envoyé je l’ignore et je m’en moque, je le regarde pleurer avant de le décapiter d’un coup de Kodachi. La tête part rouler quelques dizaines de mètres plus loin tandis que le corps reste inerte et se noie dans une flaque de sang. Je quitte la zone sinistrée par mes actes et je me dirige à pas légers à travers la forêt.

Je trouve un coin tranquille dans la forêt et je grimpe assez vite de branches en branches pour me mettre à l’aise sur une d’elles assez large à une dizaine de mètres du sol. Je m’assoupis et finis par m’endormir avec le bruissement discret des feuilles agitées par le vent. Tout devient noir et mon esprit est transporté dans mes songes. Mes souvenirs remontent encore à la surface. Cette chose m’a lâchée et s’est enfuit. J’ai une douleur énorme à la gorge et des entailles visibles sur le corps baignant dans mon sang je crie mais je ne m’entends pas. Mon esprit est bloqué par la peur. La peur de cette chose qui m’a bondit dessus. Mon corps ne répond plus. Des ombres se dessinent devant mes yeux et je ne tarde pas à tomber à semi inconscient quand une personne me soulève et m’emporte. Il était beau, les épaules carrées, visibles malgré qu’il porte un long manteau en cuir. Son regard croise le mien. Ses yeux d’un marron teinté de rouge me fixent. Son regard est reposant et doux. Il ne me dit rien et se contente d’avancer. Il marche toujours devant le paysage défilant. Les arbres laissent place à des maisons abandonnées. Une ville que j’ai précédemment réduite en cendre. Il s’y était établi. Une grande bâtisse se dresse. Les murs tenaient à peine debout et la porte y manquait. De grandes traces sont visibles, vestiges des incendies provoqués par ma folie. Il me dépose dans un grand lit. Le mobilier est neuf, probablement installé il y a peu. Il s’assied dans un fauteuil et me regarde. Mon sang s’est arrêté de couler de lui-même. Je m’endors. Le noir est revenu dans mon esprit et un bruit de craquement de branche me fait sursauter. Je suis revenu dans cette forêt et je suis dans mon arbre toujours sur cette branche. « Encore un rêve me dis-je. » Je me retourne et ne voit rien. Peut-être un animal. Quoi qu’il en soit je reprends ma route rapidement sautant de branche en branche silencieusement.

Cela fait une dizaine de minutes que je saute comme ça et je commence à être légèrement irrité du fait que cette forêt n’en finit pas. Les arbres défilent à toute vitesse autour de moi pendant que je continue mes bonds. Un couteau vient se planter dans ma main et j’esquisse une grimace de douleur. J’ai aperçu l’origine du lancer mais je ne m’étais pas aperçu que j’étais suivi. « Qui peut aller à cette vitesse ? » Un deuxième projectile fend l’air dans un sifflement et viennent taper dans ma lame que j’avais dégainée à moitié. Je prend appui sur le tronc d’arbre et me projette vers l’origine du lancer. Une ombre s’élève dans les airs et continue de me bombarder. Je me stoppe net sur une branche et continue de dévier les couteaux grâce à mon Kodachi. Je perçois des yeux d’un rouge sang. « Il a vraiment envie de me tuer celui-la, voila qui va être distrayant. » Je bondis une fois de plus, lame dégainée. Je la tiens de ma main droite tandis que je me sers de mes mains pour m’élever encore plus rapidement à son niveau. Il n’est guère surpris et se pose sur une branche assez large. Il m’attends sourire aux lèvres. Arrivé à son niveau je me pose gracieusement sur la branche et lui fait face. Il est assez mince. Complètement vêtu de noir pour être encore plus discret dans sa traque. Ses longs cheveux descendent au niveau de ses hanches et il a la peau d’une pâleur incroyable. On aurait dit un cadavre. Le vent souffle légèrement et les animaux ont désertés l’endroit depuis un moment déjà. Il sort une épée de son ombre qui était projetée sur le tronc de l’arbre par le reflet de la lune. Je me met en garde et l’attend. Il s’élance ! Il commence une série de coup d’estocs que je n’ai aucun mal à parer. « Il a tort de me sous-estimer, pensais-je. » Je fais un pas de coté et amorce une rotation tout en frappant violemment sa lame avec mon Kodachi. Il est déstabilisé c’est ma chance ! Je bondis derrière lui et donne un coup sec de diagonale haut droite vers bas gauche. La lame l’a touchée je l’ai senti… Il s’écarte tranquillement. Indemne sans même une égratignure. Je regarde ma lame logée dans le tronc d’arbre. « Comment a-t-il fait ? » Je laisse mon Kodachi comme tel et m’élance. Mes griffes le lacèreront. J’arrive à son niveau et comme si il avait anticipé mon mouvement il me bloque les mains en me prenant les poignets. Je profite qu’il me tienne pour lui coller mes deux pieds dans la tête au niveau du menton dans un mouvement de balancier. Il titube et va s’écraser lourdement sur le tronc d’arbre. Je m’élance à nouveau ne lui laissant pas le temps de se rétablir. Il sort quelque chose de sa poche je ne le vois pas et le lance au sol. Un éclat retentit et je ne vois plus rien. Blanc ! Complètement Blanc ! Ma vue peu à peu se remet en place mais mon adversaire n’était plus là. Il s’est enfui…Mais pour combien de temps ?

Je ne sens plus de présence aux alentours. Je continue ma course et les arbres se font de plus en plus rare et je tombe sur une ville. Une grande ville. Habitée, parfait, je commençais à m’ennuyer. A peine arrivée les gens me regardent bizarrement. J’attrape le premier passant et le décapite sur le champ. Les hurlements commencent alors à retentir autour de moi. Je m’en régale et continue d’avancer vers la population qui fuit désespérément loin de moi. Deux hommes se dressent devant moi. Ils font presque deux fois ma taille et ont un sourire aux lèvres. Sans crier gare, ils me fondent dessus. Je ne bouge pas et les laisse s’empaler sur mes griffes. Je me débarrasse des deux corps inertes et me délecte du sang qui a jaillit sur mon visage. Un sentiment en moi se fait de plus en plus présent. Un sourire sadique se dessine sur mes lèvres et je me jette sur la première personne à portée de main. Une pauvre fillette pleurant après avoir perdu sa mère dans la cohut qui suivit mon acte. Je la regarde de haut et lui dit : « Je vais t’aider a retrouver ta mère dis moi à quoi elle ressemble.
- Ell.. Ell.. Elle est grande, aussi grande que vous, elle a les cheveux noirs et des grands yeux ronds, parvient-elle à dire dans son océan de chagrin.
- J’ai les renseignements qu’il me faut merci je vais t’aider à la retrouver. »
D’un coup sec je l’attrape par le maillot et fais un tour sur moi-même. A la fin de ma rotation je la lance violemment et elle va s’écraser dans un mur. Un craquement sec s’ensuit tandis qu’elle traverse le mur. Elle n’a pas souffert, elle est morte sur le coup. Je commence à me précipiter dans les méandres de la ville à la recherche de la mère de cette enfant. Je trouve une femme correspondant à la description faite par la gamine. Je m’arrête devant elle et lui annonce :

- J’ai trouvé votre fille.
- Où est-elle ? Me supplie-t-elle.
- Ho effondrée sous un mur qui lui est tombé dessus, lui répondis-je sèchement.
- Non pas elle !
Elle s’effondre en larme et je la relève. « Tu va la rejoindre très vite. » Ces yeux deviennent livides et elle commence à se débattre. Je l’écrase au sol avant de lui enfoncer un de mes kodachi dans le dos et de l’ouvrir de bas en haut. Un cri aigue se fait entendre à travers la ville et je m’en régale.
Je laisse le corps inerte baignant dans une mare de sang. Je lèche le sang sur mon kodachi avant de le rengainer. Je continue de m’élancer fauchant des centaines de gens sur mon passage. Les corps tombent les uns après les autres dans des fracas parfois énormes. Les gens se disloquent si facilement. Plusieurs se retrouvent sans leur partie basse et agonise dans un océan de douleur et de souffrance. J’éclate de rire et continue ma besogne macabre. Après plusieurs heures, le soleil se couche. Il est d’un rouge écarlate magnifique, reflétant ses derniers rayons sur cette mer de sang. Je suis en haut d’un immeuble regardant ce magnifique spectacle que je me suis offert. Des milliers de corps entassés les uns sur les autres formant un peuple en fuite face à leur apocalypse. Je prend le temps de respirer l’odeur du sang qui est restée dans l’air ambiant. Je reste la à contempler cette œuvre d’art avant de trouver un coin tranquille sur ce building ou je m’assied et finis par sombrer dans un sommeil tourmenté par les souvenirs parfois douloureux. Tout redevient noir et la réalité laisse place au subconscient.

Je suis transporté une fois de plus dans mon passé bien que je ne m’en souvienne pas, mais ces songes me permettent d’en connaître plus sur moi-même tel que j’étais avant et tel que j’ai évolué pour devenir CA. Il était toujours là, assit dans ce fauteuil à me regarder. J’avais l’impression qu’il veillait sur moi pendant mon « coma ». Sans même que j’ouvre la bouche, il répondit à la question que j’allais lui poser. « Cela fait trois jours que tu dors, luttant pour vivre. Ton sommeil fut troublé par des cauchemars. » Je ne me souvenais pas de ces songes que je fis pendant trois jours. Je me relève et une vive douleur me prend à droite de ma gorge et tout mon corps me fait souffrir. En même temps que je découvre cette sensation, la douleur. Je me rend compte que ce parfait inconnu à panser mes blessures. J’articule à grandes peines un merci dont il me répond par un large sourire. « Tu es faible. Je t’apprendrai à te battre. Il faut que tu survives à ce monde. » Je restai sur ce lit abasourdi par des paroles aussi crues d’un parfait inconnu.

Sans plus attendre il se releva. Je marchai dehors, il était habillé de noir, un long manteau descendant jusqu’à ses chevilles. Seule sa croix d’argent était visible, une croix que j’ai déjà vu dans des livres. Une croix dite Malkav. Je ne crois pas aux vampires. Sûrement un objet décoratif. Moi pour ma part mes vêtements étaient en lambeaux, seul mon pantalon ample était intact. Je marchais derrière lui contemplant ce décor, destruction. Démolition. Une sorte d’apocalypse. Je le suis toujours. Il s’arrêta et se retourna me faisant face. Il me dit d’un ton presque rieur. « Tu es faible tu ne survivras pas en ce monde. » Il me lança un Kodachi, par réflexe je l’attrapai, et il se jeta ainsi sur moi. Je ne comprenais pas, je venais de me réveiller et la seconde qui lui fallut pour arriver à mon niveau me parut une éternité, un regard de démon en ces yeux emplis les miens, et un bang gronda au moment où il me percuta. Je n’avais pas dégainé. Bloquant par réflexe le coup avec le Kodachi dans son fourreau. L’onde de choc produit me jeta en arrière et je m’écrasais lamentablement sur le sol. Il était là, debout nullement surpris. « Tu m’a vu venir, c’est bien. Relève toi et bas toi maintenant comme si ta vie en dépendait. »

C’était le cas, il était comme aliéné, et mes yeux voyaient un démon, un être prêt à m’éradiquer, prêt à tout pour m’éliminer. Comme par instinct de survie face à cette folie, je dégainais maladroitement le Kodachi, me coupant à la main gauche. Ignorant cette superficielle blessure je me déplaçais sur le coté pour éviter sa charge. Une vitesse prodigieuse. Il était déjà sur moi quand je finissais mon mouvement. Une autre secousse. Des étincelles embrasèrent l’atmosphère autour de nous. Les lames se touchèrent, un crissement strident de l’acier se produisit. Et ce regard se posa sur moi encore plus proche plus démoniaque plus fou. Tentant de me persuader de ma mort. J’y croyais presque. Me ressaisissant, je poussais, poussais vers lui ma lame, du plus fort que je pus. Il était doté d’une force spectaculaire. Il alluma en moi un désir, le désir de le tuer, le désir de survivre, le désir de faire ressentir aux autres ce qu’il me faisait ressentir en ce moment. Un rictus illumina son visage comme si il connaissait mes envies et deux longues canines se laissèrent entrevoir. Surpris, mon attention se relâcha et ma prise aussi. Son poids bascula sur moi et je me suis recourbé. Son genou vint percuter mes côtes et pour la deuxième fois je me retrouvai dans les airs, volant vers un mur. Sa voix perçante gronda dans ce silence de mort : « Reprend toi !!! »

Sans comprendre, mon corps se déplaça de lui-même pour se remettre en position verticale et je glissais encore quelques mètres le long du sol, les jambes écartées levant une traînée de fumée et une main me stabilisant au sol. Je relevai les yeux et sa présence m’envahit encore. Je ne voyais plus sa prestance, seulement une ombre à une dizaine de mètres de moi. Et une certaine aura. Un démon. Une créature plus puissante que n’importe quel homme, plus rapide, plus agile, plus endurante et plus combative. Je ne croyais pas aux contes pour faire peur aux enfants mais ce que j’avais devant moi était belle et bien ceux que l’on surnomme les créatures de la nuit. Un Vampire. Cette folie en lui, ce sentiment qu’il m’inspirait quand je me battais contre lui. Cette aliénation dans ces yeux. Sans chercher, la réponse me vint. Si c’était un vampire, il appartenait au clan des Malkaviens. J’ai réussis par chance à résister à sa folie noir mais sa voix résonnait dans ma tête : « Que les ténèbres te guident vers la lumière ». Un réveil brutal s’opère et je me redresse sur ce building. Je les sens, ils sont là, pas loin. Les chasseurs. Je me déplace au bord du building et observe en bas. Quelques silhouettes. C’est bien eux, ils me cherchent. Ils me trouveront.

« Ils m’ont donc retrouvé. » Je me laisse tomber du haut de l’immeuble, à l’horizontale en regardant le ciel. De jolies teintes de sang se mêlant aux nuages, l’orage n’est pas loin. Arrivé à une dizaine de mètres du sol, j’amorce une rotation de manière à leur faire face et dégaine rapidement mon Kodachi, un sifflement fend l’air, silence rompu. Je me réceptionne au sol, main gauche par terre, regard vers celle-ci, jambes légèrement courbées et bras droit tendu derrière moi, ma lame le prolongeant, brillante d’un rouge orangé écarlate. Après quelques secondes, l’un d’eux s’écroule au sol, sans vie. Ils sont vêtus des pieds à la tête de telle sorte à ce que je ne vois pas leurs corps ni leurs visages. Un bruit de métal m’indique qu’ils sortent leurs épées de leurs fourreaux. Le bruit se propage au travers ce silence de mort. Ils m’encerclent, tandis que j’éclate de rire, un rire sadique. Ils sont prêts à bondir, je ne bouge pas, je les attends toujours gardant ce rictus aux lèvres.
« Je vais vous crever, tous jusqu’au dernier !!!! »

Ils sont en garde, une dizaine de secondes s’écoulent, me paraissant une éternité. L’un d’entre eux décide enfin d’engager les hostilités, et me fond dessus avec une rapidité peu commune. Je lui fais face et d’un mouvement circulaire, faisant tournoyer ma lame à très grande vitesse, je pare les attaques. Je reprend mon arme en garde normale, les deux mains sur la garde et me dirige contre lui. Les deux lames se heurtent, elles glissent l’une sur l’autre dans un hurlement d’agonie, un cri strident qui se propage, déstabilisant mon adversaire tandis que je m’esclaffe toujours. Je profite pour frapper un grand coup dans sa lame, il se retrouve sans garde, j’effectue une rotation, profitant de l’élan de ma frappe pour accélérer celle-ci et lui frappe le visage d’un coup d’estoc avec la poignée du Kodachi. Un fracas sourd, un craquement horrible se fait entendre, et il décolle allant s’écraser quelques mètres plus loin dans une gerbe de sang. Il tombe, et une mare de sang se forme autour de sa tête. Mort, il n’a pas souffert, dommage. Je fais face aux huit chasseurs restants. Deux décident de venir en même temps tandis que je rigole sur le sort du précédent. L’un à gauche l’autre à droite, le premier frappe d’un coup vertical de haut en bas et l’autre de façon circulaire, visant ma taille. Je saute pour éviter la frappe horizontale, plaçant mon corps à l’horizontale et pare le coup vertical en tapant la lame d’un coup sec et vif. J’attrape le bras du second, frappant circulairement, m’en servant d’appui pour me mouvoir et me retrouver derrière lui, maintenant ma prise sur son bras. Crac !!! Nuque brisée d’un geste de la main.

« Vous êtes déjà morts !!! Et fragile en plus, je m’ennuie ! Sombrez dans la folie, sentez votre déchéance, et souffrez encore pour mon plaisir !!! »

L’autre chasseur tente une succession de coups d’estocs, visant à m’embrocher, conservant une distance de sécurité. Je laisse un de ses coups pénétrer ma garde en m’élançant vers lui. J’attends quasiment le contact de la lame, pour me décaler et l’esquiver. Je fais une roue sans les mains de manière à me retrouver à sa gauche. Son cri brise la monotonie du combat. Mon pied posé sur son genou que je viens de briser l’écrase encore un peu plus. Je me délecte de sa souffrance avant de sauter et de me placer les pieds sur chacune de ses épaules, je me met à tourner sur moi-même l’entraînant dans ma rotation puis saute pour redescendre, plaçant simplement mon Kodachi sur sa gorge. La tête se retrouve séparée du corps, qui s’effondre inerte. Ils ne sont plus que six. Deux d’entre eux fuient alors que mon rire retentit encore dans la ville.

« Mort ! Mort ! Mort !!!! »

Je m’élance vers les deux les plus éloignés de moi. Kodachi raclant le sol de sa pointe élevant un nuage de poussière, arrivé à leur niveau je me stoppe net, terminant la course de mon arme dans une frappe circulaire toujours contre le sol projetant de la poussière au visage des deux chasseurs. Maintenant sans leur vue, ils sont à ma merci. Je saute et me retrouve dans leur dos après avoir effectué un salto vrillé. Nouveau sifflement, le premier s’effondre, découpé en deux de haut en bas. Le second ressent une douleur à sa nuque, mes crocs s’y plante, le vidant de son sang complètement en quelques secondes, Je balance ensuite le corps sur les deux derniers. Celui-ci ne percute rien. Plus personne. Ils se sont enfuis et une fois de plus mon rire retentit dans cette apocalypse. Je "suis" cette apocalypse, rien ne m’arrêtera !!!

Je continue ma route quelques heures peut-être avant de m’arrêter dans un vieux bâtiment délabré qui me rappelle quelque chose… Quoi ? Je ne sais pas ou ma conscience ne s’en souvient pas. Mais la fatigue gagne une fois de plus. Installé « confortablement » je m’assoupis et finis par sombrer. Une fois de plus le sommeil. Et un rêve qui ne laissera aucune trace ou presque une fois éveillé. Je me retrouvai sur ce champ de bataille, cette ancienne ville, cette ruine. Je me relevais, une voix raisonnant dans ma tête. Sa voix. « Qui es-tu ? »

Il me fixa simplement, puis me relança un assaut, balayant l’air de son arme, qui s’abattit à ma verticale. Je me décalai par instinct pour éviter la lame puis un nouveau coup de pied dans mes côtes, un craquement sourd, le souffle coupé je suffoquais presque, je lâchai une gerbe de sang tandis que je décollais pour aller m’écraser au sol quelques mètres sur la droite de ma position initiale. Je me relevais difficilement retombant à genoux, ma main gauche tenait mon Kodachi tandis que la droite me tint les côtes. Une souffrance qui me fit pousser un cri puis sa voix de nouveau mais elle fendit l’air cette fois-ci au lieu de fendre mon âme.

« Psyho est mon nom, inutile d’en savoir plus. Survis pour le moment »

Des paroles dures, puis de nouveau je revins à la charge toujours dans ce même désir de survie. Pourquoi mourir ici par la main de la personne qui m’a sauvé ? Je ne sais pas pourquoi je me battais, mais ce que je savais c’est que je n’avais pas l’intention de crever ici comme un moins que rien. Arrivé à son niveau, je me redressai tant bien que mal, puis mon regard plongé dans le sien je lui lançai d’une voix claire malgré la douleur

« J’ai pas l’intention de crever ici »

Et ma lame s’abattit, il n’eut aucun mal à l’esquiver vu mon état, baissa son arme passa derrière moi et parla une fois de plus

« Tu le mérites. Montre-t-en digne. »

Puis une douleur dans ma gorge, je me sentais vidé de toute force, vidé de toute vie. Un nouveau cri retentit et vint perturber le silence. Et mon âme entendit quelques paroles.

« Que la folie soit ta lumière, que les autres succombent de ta propre aliénation. »

Puis néant total. Noir absolu tandis que je me retrouvai transposé dans le monde réel.

Je me réveille brusquement, un sursaut puis un léger jappement s’échappe de ma gorge pour aller encore une fois vagabonder dans cet univers vide. Une sueur froide puis je passe ma main dans mon cou où je touche ces deux marques doucement. Ces rêves, lui… Il n’est pas loin, ce n’est pas innocent si je rêve de lui maintenant, si je sens quelque chose me parcourir le long des marques qu’il m’a apposé. Il n’est pas loin. Il me traque ? Quoi qu’il en soit je dois partir tout de suite. Et je me remets en route rapidement. Sortant de ce bâtiment, je vois une silhouette sur ma gauche se détacher au loin, un long manteau noir et un scintillement autour de son cou… c’est lui. Il m’a retrouvé, j’ai trop tardé ici. Je me hâte et m’éloigne rapidement de la ville, cherchant les bois les plus proches. Sa voix vient raisonner dans ma tête.

« Tu as trahi mes enseignements, ta soif du sang t’aveugles, tu as perdu le reste de ton humanité. Je vais t’exorciser maintenant. N’essaie pas d’échapper le juste châtiment de toutes les créatures qui trahissent ce qu’on leur inculque. Tu es fou depuis trop longtemps, laisse moi éclaircir ton âme sur le sentier du juste. »

Non je refuse de l’écouter, barrant mes propres pensées je cours toujours, au premier arbre en vue je bondis et me retrouve dans ses branches, et je commence à me déplacer bien plus vite. Je le distance quelque peu le revoyant bientôt derrière moi à nouveau. Il dégaine une arme… Il ne va pas oser ?

Un éclat retentit dans cette forêt si calme, si verte, les oiseaux quittent les lieux au premier son perçant cette tranquillité. Une gerbe rouge vient asperger un arbre, il m’a touché au bras gauche. Je jappe de nouveau, commençant à grogner. Je me retourne et le vois prenant de l’ampleur il tente toujours d’infiltrer mon esprit, de me faire succomber mentalement pour m’avoir plus facilement quand l’affrontement physique aura lieu. Cette peur que je n’ai ressentie que lorsque je l’ai rencontré revint donc au galop.

« Non !! Sors de là !!! Je suis l’apocalypse de ce monde !!! Je créerai un monde pour nous, tu comprends ??? Psyho laisse moi faire j’éliminerai toute population pour le développement de ma race !!! »

Il continue de me poursuivre, je le vois de plus en plus grand, il lâche une autre salve que j’arrive tant bien que mal à esquiver d’un bon en avant pour accélérer ma course. Mon bras me fait mal, affreusement, de l’argent sûrement.

« Non, Je t’ai fait tel que tu es pour t’empêcher de devenir l’un des leurs à part entière, puis ton esprit n’a pas tenu le coup à ce que je vois. Je vais te délivrer des chaînes de la vie pour que tu trouves le repos que j’aurai dû t’offrir au lieu de te garder. Excuses moi mon petit. »

Je continue de le fuir, terrorisé… La nuit tombe et la lune se lève ce soir. Pleine… Il se rend compte de cela et accélère le mouvement tandis que ma douleur me brûle atrocement. Je sors les balles des plaies avec mon Kodachi pour souffrir un peu moins. Voyant ma pilosité se développer soudainement je regarde au ciel et voit la lune… Le disque argenté qui tient ma chance de le fuir, voir de l’éliminer. Je m’arrête, commence à me recroqueviller sur moi-même pour laisser la mutation s’opérer. Les griffes poussent ma corpulence se développe jusqu’à atteindre une hauteur d’une tête de plus que celui qui fut mon maître et une largeur d’épaule deux fois supérieure à la sienne. Mes poils deviennent blancs dont les pointes se tintent de bleus et s’hérissent légèrement tout le long de mon corps pour finir en une queue fort hérissée par contre. Je lui fais face, la gueule hurlant pour la lune, ma déesse bienveillante. Je me rue sur lui avec vélocité malgré ma masse plus imposante. La branche sur laquelle j’étais en appui vola en éclat. J’arrive rapidement à son niveau, il est surpris de mes progrès et je lui décroche un coup de poing dans l’estomac qui le fige net. S’en suit un coup de pied lui ruinant son manteau au passage par de multiples entailles. Il vole et finir par s’écraser avec fracas dans le tronc de l’arbre derrière traversant quasiment le chêne. Il s’en sort pourtant indemne, juste poussiéreux. Nous nous faisons face.


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